15 septembre 2019



Inscription Vous avez déjà un compte? Connexion

CONTACTEZ-NOUS

background

Les Blues Brothers

21 Jun, 2019 1386
#Ciné

Les Blues Brothers

(La musique fait son cinéma, second part)

« Tu as lu ‘Variety’aujourd’hui ?... Le premier film parlant crève le plafond des recettes ! »

(Singin in the rain)

Quelques mots sur les challenges du cinéma sonore à la fin du 19e /début du 20e s, histoire de se remettre dans le bain ! Promis, après nous pourrons fredonner !

Allier visuel et son, dans un synchronisme parfait, voici un des plus grands rêves que faisait Thomas Edison : « On pourrait ainsi assister à un concert du Métropolitan opéra cinquante ans plus tard, alors que tous les interprètes auraient disparu depuis longtemps. »

Il considérait que le kinétographe avait pour but d’immortaliser les prestations des artistes dans toutes leurs compétences.

Petite anecdote avant de continuer dans le bruit et les mélodies :

Vous ne le saviez peut-être pas, mais Thomas Edison était atteint de surdité quasi totale, suite à une scarlatine mal soignée dans son enfance. Étonnant d’imaginer ce génial inventeur à l’ouïe altérée, concevant un procédé d’enregistrement, de reproduction et d’amplification sonore et créant le microphone ! D’ailleurs plutôt que de le vivre comme un handicap, il le considérait comme un avantage lui permettant une meilleure concentration intellectuelle.

Son ingénieur électricien, Laurie Dickson, expérimente, en 1895, une prise de vue au Kinétographe couplée à une prise de son au phonographe.
Il s’essaie à un premier film sonore, dans lequel il interprète maladroitement, au violon, une ritournelle du compositeur français Jean- Robert Planquette.

Beaucoup vont s’essayer à graver les sons et musiques sur divers supports, cylindres amovibles, disques de cire, etc...

Le Chronophone présenté en 1900 lors de l’exposition universelle par Léon Gaumont, relie un projecteur de cinéma et un phonographe, mais il ne permet qu’une sorte de play back ; le chanteur enregistrait d’abord le disque, puis mimait la chanson ensuite. Ce type de scène filmée est appelée phonoscéne. De 1902 à 1917, pas moins de 800 scènes de ce type ont été recensées ( airs d’opéra, chansons populaires, scènes de danse, saynètes….).

Mais c’est véritablement en 1924 qu’un système de synchronisation sonore, le Vitaphone, voit le jour aux États-unis grâce à Western Electric.
Le phonographe et l’appareil de projection étaient tous deux équipés de moteurs électriques synchrones qui permettaient de faire fonctionner les deux machines à une vitesse similaire.

Et nous revoici revenu en 1927, année qui marque la fin du cinéma muet et l’avènement du cinéma dit « parlant » avec notre fameux Chanteur de Jazz, déjà cité précédemment.

« Il chante comme un ange mais danse comme le diable ! Et ensuite ? »

(Moulin rouge)

Une bonne louche de musique, un nappage de son, une grande lampée de visuel, une pincée de déhanché et un soupçon de divertissement... mixez le tout avec la curiosité avérée de chacun de voir parler les images en live, vous obtenez ? Des films musicaux !!

Dans ce nouveau monde sonore audiovisuel s’impose tout naturellement la chanson. Dans le cinéma mondial des années 1930, chaque film comporte au minimum une ou deux chansons, révélant au passage de nombreux talents ; tels Maurice Chevalier et Claudette Colbert (la Chanson de Paris), Marlène Dietrich (l’Ange bleu) et cela offrira une plus grande popularité à certains artistes issus du Music Hall comme par exemple Josephine Baker ou encore Bing Crosby.

« Come on along and listen to the lullaby of Broadway. »

(42nd street)

Welcome dans le monde des comédies musicales sur grand écran !
Ce nouveau genre cinématographique fait une entrée triomphale au début des années 30, et pour cause, il réconforte un peu le peuple américain plongé dans la crise.

C’est la Warner qui en ouvre officiellement le bal en 1933, avec « 42e Rue » de Lloyd Bacon. D’ailleurs, le chorégraphe Busby Berkeley comprend vite le potentiel esthétique et créatif que peut apporter le médium filmique dans le milieu de la danse. Dans le film « Les chercheuses d’or » de Mervyn Leroy, il joue avec le cadrage, les angles de prise de vue, l’échelle de plan et la composition de l’image afin de construire de véritables tableaux chorégraphiques.

La MGM obtient de nombreux oscars grâce aux comédies musicales qu’elle produit, telles que « Broadway Mélody », « Great Ziegfield »…

« Somewhere over the rainbow »

(Le magicien d’Oz)

C’est par le truchement d’Arthur Freed, faisant le choix d’adapter le roman « Le magicien d’Oz », en 1939, comme première production, qu’un nouveau département musical va voir le jour.
Réalisé par Victor Fleming, le film sera un véritable triomphe, propulsant le réalisateur et la jeune actrice Judy Garland sur le devant de la scène. Par ailleurs, le film obtiendra l’oscar de la meilleure musique de film (composée par Herbert Stothart) et celui de la meilleure chanson originale pour « Over the Rainbow » en 1940.
Il semblerait que sous l’arc en ciel, il y ait toujours une place pour cet air qui occupe la première place au classement des plus grandes chansons du cinéma américain, pendant que le film est lui-même classé 3e dans la liste des plus grands films musicaux. Ding-Dong ! The witch is dead, but Dorothy is still alive !!

Les années 40/50 prônent une idéologie basée sur la réussite afin de véhiculer une image sociale et professionnelle positive malgré les difficultés Le cinéma musical est alors utilisé comme un dérivatif, en même temps qu’un divertissement. Aussi, peut-on voir la sortie de films tels que « My fair Lady », « Un jour à New York », « Chantons sous la pluie », « Tous en scène », « un américain à Paris »,…

Les années 60/70 favorisent les acteurs et actrices avec des voix, plus que les stars de la danse, et le cinéma tente de transmettre des messages politiques, dénonçant souvent au passage les actes de guerre. Ainsi le paysage audiovisuel s’habille t-il de films comme « La mélodie du bonheur » de Robert Wise, « Mary Poppins » de Robert Stevenson, tout deux d’ailleurs portés par la talentueuse Julie Andrews, « Les parapluies de Cherbourg » de Jacques Demy, « Funny girl » de William Wyler révélant l’incontournable Barbra Streisand qui revêtira souvent des rôles de femmes indépendantes et déterminées.
Le film « Cabaret » du grand Bob Fosse, sorti en 1972, dont le premier rôle est tenu par Liza Minelli, dénonce à sa façon le sordide du Berlin des années 30 et tourne en dérision le nazisme.

Mais le couple musique et cinéma ne se marie pas que dans les comédies musicales, il s’épanouit dans tous les différents genres qu’on lui impose. La musique offre une atmosphère, elle renforce une action, transcende une émotion, enveloppe une intrigue, tel un instrument délicatement posée sur la pellicule…

Trêve de poésie (si, si), qui dit film dit réalisateur, et qui dit musique dit compositeur. Que serait un film de Jacques Demy sans Michel Legrand ?

« - Qu’est ce que tu as fait pendant toutes ces années ?
- Je me suis levé tôt . »

(Il était une fois en Amérique)

C’est probablement ce qu’aurait répondu Ennio Morricone à Sergio Léone s’il lui avait posé la question, vu le nombre d’heures qu’il a du passer pour lui composer les musiques de ses films : Pour une poignée de dollars ; Le bon, la brute et le truand ; Il était une fois dans l’ouest ; Il était une fois la révolution; ou encore Il était une fois l’Amérique….

John Williams, quant à lui, a fait deux rencontres majeurs dans sa vie qui lui ont permis d’accéder à une telle notoriété. Déjà compositeur de quelques films comme « L’aventure du Poséidon », ce sont les blockbusters hollywoodiens qui vont mettre réellement son travail en exergue, par le biais de Steven Spielberg en personne. Il travaille avec lui sur « Sugarland Express », en 1974, et leur collaboration s’étendra sur de nombreux films dont : Rencontre du troisième type, Les dents de la mer, E.T, Indiana Jones, Jurassic Parc, Amistad,...

« N’essaie pas ! Fais-le, ou ne le fais pas ! Il n’y a pas d’essai. »

(L’empire contre-attaque)

Il l’a fait ! George Lucas lui ayant demandé (sur les recommandations de Spielberg) de lui composer les musiques de ce qui allait devenir une des sagas les plus connues du cinéma, en s’inspirant du registre classique, John Williams a accéder à sa requête, et n’a pas lésiner sur les moyens, en travaillant de concert avec un orchestre symphonique. Le résultat, vous le connaissez tous, ses musiques sont dans toutes les oreilles ! Sachez qu’il possède à son actif moultes récompenses dont pas moins de 5 oscars de la meilleure musique.
Bien sûr il y a de nombreuses collaborations ayant donné lieu à de magnifiques chef d’œuvres audiovisuels, mais je ne vais pas toutes les énumérer, à vous de jeter un coup d’œil aux génériques pour connaître les auteurs des mélodies de vos films de prédilection.

J’ai une petite question à vous poser, sauriez-vous me citer les 5 bandes originales de films les plus vendues dans le monde ?

Pour une fois, je commencerai par le premier... si je vous dis qu’I will always love you ? Vous visualisez Withney Houston, dans les bras de Kevin Costner, n’est-ce pas ? Eh bien oui, la B.O number one est celle de Bodyguard, sorti en 1992, avec pas moins de 42 millions d’exemplaires vendus à ce jour.

Pour la deuxième je voudrais dire qu’on ne laisse pas bébé dans un coin. Je vous vois déjà en train de vous déhancher et d’esquisser un ptit pas de salsa... Dirty Dancing, sorti en 1987, est la bonne réponse en effet.
Pratiquement 42 millions d’unités vendues, avec une prédilection pour le single The time of my life auprès des auditeurs.

La troisième B.O préfère les années disco. On lève un bras, on le redescend, et on le relève, à la John Travolta dans... La fièvre du samedi soir ! Depuis 1977, 40 millions d’exemplaires ont été acheté pour agrémenter les soirées entre amis.

Warning ! La quatrième B.O tente de nous entraîner vers le fond, mais nous sommes les king of the world, et même si un iceberg le percute my heart will go on… !
Et oui, nous respirons l’air frais depuis la proue du Titanic aux côtés de Leonardo Di Caprio et Kate Winslet. 30 millions d’exemplaires vendus pour ce film aux 11 oscars, dont deux pour la musique et la meilleure chanson originale, composées par James Horner. 500 milliards de diffusions à la radio et à la télévision pour la chanson interprétée par Céline Dion depuis 1997 !

Pour la cinquième, mettez un peu de gomina, messieurs, crêpez vous les cheveux mesdames et préparez vous à danser ! Nous allons retrouver John Travolta, tout de noir vêtu clamant you’re the one that I want à une Olivia Newton John souriante ! Grease est la dernière B.O de notre top 5 des ventes avec 28 millions d’exemplaires depuis 1978.

« The hills are alive with the sound of music, with songs they have sung for a thousand years… ! »

(La mélodie du bonheur)

Vous aussi vous associez souvent un film avec sa musique, j’en suis sûre. Alors dites moi quelles sont vos B.O préférées ?

Credits: Les Blues Brothers, John Landis 1980

Commentaires

Les commentaires sont fermés.

Connexion requise

Connexion Inscription