16 octobre 2019



Inscription Vous avez déjà un compte? Connexion

CONTACTEZ-NOUS

background

La mélodie du bonheur

28 May, 2019 2451
#Ciné

La mélodie du bonheur

(La musique fait son cinéma, first part)

« Cette musique... Ça m'évoque ma Carmélide natale, le vent dans les saules, nos jeux dans la neige au pied du mur d'Hadrien ».

( Kaamelott )

Parlons de ce couple mythique qui perdure depuis 124 ans ( ce sont les noces de quoi? ), ils sont indissociables, un divorce est inconcevable, de qui parlons nous ?
De la musique et du cinéma, des compositeurs et des réalisateurs, de l’image et de sa mélodie, bref que serait le meilleur scénario réalisé à la perfection sans une musique appropriée pour en sublimer la quintessence ?

« Alors trouvez-moi une musique légère, spirituelle, subtile, dosée. Et dépêchez-vous! »

( L’aile ou la cuisse )

Comme je sais que vous adorez vous cultiver et voyager, nous allons faire un rapide retour vers les origines de la musique.

On peut considérer que, depuis la nuit des temps, les hommes se sont servis de mélopées, de déclamations rythmées pour exprimer leurs sentiments.

On attribuait à la musique un pouvoir magique.

Les vestiges de la préhistoire laissent supposer que les premiers hommes pratiquaient déjà la musique à l’aide de pierres entrechoquées et de bouts de bois. Au cours de fouilles archéologiques, nous avons pu reconstituer l’histoire des instruments.

« Si jamais ils ressortent de ce tombeau, je promets de ne plus me raser la tête ! »

(Astérix et Obélix mission Cléopâtre )

Eh oui, vous l’aurez compris, nous atterrissons dans l’Égypte antique, vers 3100 av J.C !

En effet, nombre de monuments de cette passionnante civilisation regorgent de murs ornés de fresques, de bas reliefs représentant des musiciens jouant de leurs instruments ; claquoirs, sistre, harpe (ou baïnit), cithare, flûte... Nous avons également retrouvé des vestiges de ces fameux instruments dans les hypogées ( tombeaux souterrains ).
Enfin, en déchiffrant les manuscrits, nous avons pu découvrir leurs noms et leurs emplois. Outre leurs vertus divertissantes, ils permettaient aussi de chasser les mauvais esprits.

Petit bonus culturel, rien que pour vous :
Pour les égyptiens, la déesse Bat était réputée pour avoir inventé la musique, mais c’est la déesse Hathor qui la représentait le mieux.

Les civilisations les plus anciennes, Perse, Assyrie, Chaldée...ont toujours donné un rôle prépondérant à la musique qui était associée à toutes les manifestations de la vie privée, publique mais également au sein du temple.

Voilà pour l’intermède musical en direct de l’antiquité. Cependant, la musique a encore du chemin à parcourir avant de s’unir avec le cinématographe…

En fait, de la chute de l’Empire romain (476) au début des temps modernes (1492), une longue période de recherches dans le milieu musical, va s’établir. Survolons la brièvement...

« Ils durent manger un ménestrel, mais l’allégresse ne les quitta point. »

(Monty Python sacré graal)

Vous l’aurez compris, nous ne parlerons pas de cannibalisme mélodieux, mais du Moyen-Âge qui vit l’avènement de la notation musicale, les prémices du solfège.

Ne baillez pas ! Je ne vous demanderai pas de déchiffrer un morceau de la Chevauchée des Walkyries de Wagner, je le laisse à Coppola.

Les chants furent longtemps transmis par tradition orale, mais il devint bientôt nécessaire de les noter musicalement si on désirait obtenir de nouvelles auditions d’une même œuvre.

Au IXe s., on représenta par des accents / \, appelés neumes, les inflexions de la voix. Dès le Xe s . , on traça une ligne horizontale pour les ordonner ;
Puis au début de cette ligne, on dessina une lettre correspondant à un son fixe et ce fut là l’origine de la portée et de la clé.
C’est le moine Guy d’Arezzo qui ordonna ces deux éléments et qui attribua un nom aux notes.

Oyez, oyez, braves lecteurs, sachez que toute musique médiévale retranscrite sur papier devra être liturgique, les airs profanes ne seront pas acceptés !!

Ce sont les chansons populaires, puisant leur origine dans l’art de la danse, qui permirent d’offrir une avancée dans le milieu musical. Les musiciens qui le propagent ont un rôle social très important. Histrions et mimes parcourent les campagnes et les villes, afin de colporter les nouvelles en s’accompagnant du luth, de la vièle ou du rebec.

Laissons les troubadours arpenter les chemins et rejoignons la cour de Louis XIV, au 17e S.

Tout comme François 1er, un siècle auparavant, Louis XIV, féru des arts, se servit de la musique non seulement pour divertir, mais également pour asseoir un peu plus sa puissance vis à vis de son peuple.

À Versailles, pas un jour ne passe sans musique. Par le biais de Lully, elle participe à la glorification du Roi Soleil, qui entend soumettre et éblouir tout à la fois. La musique acquiert alors un rôle politique et stratégique. Il prit néanmoins toujours soin de protéger les œuvres et leurs créateurs.

Au 19e S., les esclaves noirs inventent un type de musique leur permettant de s’exprimer et de supporter leur condition de vie difficile, c’est le negro spiritual.

La musique fut également présente lors de nombreuses batailles à travers les siècles, sous différentes formes, tambour, cor, trompette… afin de motiver, de soutenir ou de couvrir les cris des soldats.

Si la musique est si présente et importante dans les œuvres audiovisuelles, c’est parce qu’elle a accompagné l’Histoire de l’humanité, qu’elle s’est battue pour survivre et évoluer, qu’elle fut parfois la voix du peuple ou la gloire des royaumes. Ses différents usages, religieux, sociaux, politiques, divertissants, affectifs… en font une actrice à part entière du quotidien. Elle varie selon les références culturelles de chacun, mais prend place unanimement dans l’inconscient collectif.

Laissons nos portées, nous accompagner dans les salles obscures...

« Écoutez, cette musique vous fait comprendre que d’autres musiques sont laides... »

(À double tour)

En 1986, lors des premières séances cinématographiques publiques des frères Lumières, les films étaient muets, mais les projecteurs, eux, ne l’étaient pas. Afin de couvrir leur bruit, de garder l’attention des spectateurs sur l’écran, de distraire l’oreille, mais également pour les rassurer face à la noirceur prononcée de la salle, on engageait un pianiste, et même parfois un petit orchestre, qui jouait pendant tout le temps de la projection.

Les musiciens improvisaient selon les images, suscitant diverses émotions, renforçant ainsi l’intensité du film.

En 1892, Gaston Paulin compose spécialement au piano, une musique pour accompagner Les Pantomimes lumineuses d’Émile Reynaud.

« C’est nous qu’on est l’orchestre ! »

( Blues Brothers )

Mais la véritable première musique originale de film fit officiellement son apparition en 1908, d’après une commande de Fernand Leborgne pour la société de production « Le film d’Art ». C’est ainsi que le fabuleux Camille Saint Saëns créa la musique du film « L’assassinat du duc de Guise ».

Dans les années 20, de nombreux compositeurs se succèdent au gré des œuvres audiovisuelles ; Erik Satie ( Entr’acte de René Clair), Arthur Honegger ( Napoléon d’Abel Gance), Henri Rabaud ( Le miracle des loups de Raymond Bernard) et bien d’autres….

« Wait a minute, wait a minute. You ain’t nothin’ yet ! »

( Le chanteur de Jazz )

1927, le cinéma prend un nouveau tournant avec la naissance officielle du film dit parlant dont le précurseur est Le chanteur de Jazz de Alan Crosland.

Comme le dit Al Jolson,

« Attendez un peu, attendez un peu, vous n’avez encore rien entendu ! »

Il faudra pourtant que vous patientiez jusqu’au prochain article pour entrer dans le monde de l’image et de son mariage consacré avec la mélodie….

Allez, mettez-vous un peu de musique et to be continued….. !!!

Credits: La mélodie du bonheur, Robert Wise 1965

Commentaires

Les commentaires sont fermés.

Connexion requise

Connexion Inscription