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Les liaisons dangereuses...

26 Mar, 2019 2289
#Ciné

Les liaisons dangereuses...

Du livre à la pellicule

«
De l’ordinaire il y en avait bien assez dans la réalité, pourquoi aurait-il dû aller encore en chercher dans les livres ? »

(Michael Ende, l’histoire sans fin)

Certains dénoncent un manque d’imagination, d’autres le voient comme un hommage, comme un plagiat, un détournement d’œuvre, ou comme la possibilité d’accéder à des grandes histoires sans avoir à les lire... bref les controverses sont nombreuses et le débat ne sera jamais clos, en ce qui concerne les adaptations des romans au cinéma.

Depuis ses débuts, le septième art n’a cessé d’aller piocher dans les œuvres littéraires. Dans les années 30 Hollywood s’est mis à recycler nombre d’histoires mythiques ( Tarzan, Robin des Bois….), et c’est presque un exercice incontournable pour les réalisateurs contemporains, puisque 35 % des films sont des adaptations d’ouvrages.

La littérature est l’aïeule du cinéma, elle regorge de trésors, de lieux communs rassurants dans lesquels chacun peut se retrouver. Elle est source d’inspiration de multiples façons. On retrouve bien l’univers fantastique de Jules Vernes dans « Le voyage dans la lune » de Méliès, en 1902.

Certains auteurs sont particulièrement prisés. Faisons un petit podium, des écrivains les plus adaptés dans le monde de l’Audiovisuel, avec un grand A.

Allez commençons par la « médaille » de bronze…un indice :

«
Ils flottent, reprit le clown. En bas nous flottons tous. Viens flotter avec nous. »

Vous visualisez Ça ?

Notre numéro 3, est en effet l’auteur américain Stephen King, incontournable conteur de l’horreur !
Pas moins de 65 ouvrages à son actif qui ont attisé l’intérêt de multiples réalisateurs, puisqu’il a été adapté 80 fois sur le petit et grand écran.
Brian de Palma, avec « Carrie au bal du diable » en 1976, fut le premier à mettre en scène un de ses romans, suivis par Carpenter, Romero, Darabont, et bien d’autres.

Qui n’a jamais vu « The Shining » réalisé par Stanley Kubrick himself, avec un Nicholson maniant la hache comme personne ? Figurez vous que Stephen king, quant à lui, a toujours détesté cette adaptation de son livre, considérant qu’elle ne reflétait pas l’esprit de l’œuvre originale.
Pas sûr que la production soit de son avis, vu que le film sorti en 1980, fut un succès commercial.

Passons à notre « médaille » d’argent, petit indice cadeau :

«
Un pour tous, tous pour un ! »

Vous vous sentez tel d’Artagnan brandissant son épée, accompagné de ses comparses Athos, Porthos et Aramis, tentant de braver les perfides actions du cardinal de Richelieu ? Alors vous avez gagné, notre numéro 2, est l’auteur français Alexandre Dumas, avec ses 150 adaptations audiovisuelles.

Ce père des Trois Mousquetaires a fait fantasmer les cinéastes dès 1898, avec cette œuvre mythique, qui a été « embobinée » pour la première fois sous le nom de Fencing Contest from the Three Musketeers, elle sera suivie d’une trentaine d’autres et marchera de concert au côté du Comte de Monte Cristo, portant 32 adaptations à son actif.

Il faut dire qu’ayant commencé comme pigiste de roman-feuilleton, Alexandre Dumas sut très vite construire des récits détaillés trépidants pour tenir en haleine ses lecteurs réguliers. Le visuel et l’action, très présents dans ses écrits furent un bonbon offert à tous les réalisateurs et du pain béni pour les producteurs.

Passons à notre « médaille d’or », l’auteur chéri du cinéma, qui domine les autres du haut de son podium en leur disant :

«
To be or not to be, that is the question .»

Eh oui, notre number one est anglais, Mister William Shakespeare en personne !

Écrivain du 16e s dont les œuvres ont traversé les siècles pour atterrir sur nos écrans sans avoir pris une seule ride. Mais notre célèbre dramaturge cumule deux premières places dans le milieu cinématographique, l’auteur le plus repris avec ses 300 adaptations, mais également l’œuvre la plus utilisée, avec pas moins de 83 interprétations et réinterprétations.

A votre avis, lequel de ses récits a suscité autant d’engouement chez les réalisateurs de tous styles ?

Si je vous dis :

«
Des entrailles prédestinées de ces deux familles ennemies
A pris naissance, sous des étoiles contraires , un couple d’amoureux
Dont la ruine néfaste et lamentable
Doit ensevelir dans leur tombe l’animosité de leurs parents. »

Je vous vois, la lèvre tremblotante et la larme naissante au coin de l’œil, en songeant à cette histoire d’amour tragique, Roméo et Juliette.

Opéras, ballets, comédies musicales, poèmes, court métrages, longs métrages, films d’animations, etc... tant de visions différentes de nos amants de Vérone.

En 1902, Georges Méliès s’inspire de la pièce pour concevoir son film fantastique Le diable géant ou le miracle de la madone.

C’est en 1908, que l’on voit apparaître un court métrage muet américain portant le titre Romeo and Juliet réalisé par J. Stuart Blackton, filmé à Manhattan, New York.

Depuis, de nombreux réalisateurs ont tenté d’apporté leur pâte dans les différentes adaptations de cette histoire, tels George Cukor, Franco Zeffirelli, Peter Ustinov, Jonathan Levine avec Warm Bodies, le film musical de Robert Wise et Jerome Robbins West Side Story, Baz Luhrmann et sa vision moderne conservant quasiment le texte original, même en version bollywood avec le film Ram-Leela, etc….

Plus de 4 siècles après sa création ( en 1597), le couple impossible continue éternellement de venir s’aimer sur nos pellicules cinématographiques.

Voilà maintenant que notre palmarès du meilleur auteur porté à l’écran a été dévoilé, vous vous posez peut-être la question, pourquoi adapter les œuvres littéraires au cinéma ?

Parlons production, il n’est pas toujours facile de parier sur un scénario, mais lorsque celui-ci s’inspire d’une œuvre reconnue, appréciée par un public probablement curieux d’en voir l’interprétation audiovisuelle, c’est déjà une garantie appréciable. Si on ajoute au cocktail, un casting judicieux avec quelques personnalités bankables, comme Léonardo di Caprio en 2013, dans Gatsby le magnifique, réalisé par Baz Luhrmann et tiré du roman éponyme de Francis Scott Fitzgerald, ( il a rapporté 353,6 millions $ ), on obtient une bonne sécurité financière.

D’un point de vue légal, adapter une œuvre est considéré comme une création, on appelle cela une œuvre dérivée. S’il vous prenait l’envie de réaliser un film tiré d’un roman, n’oubliez tout de même pas d’en faire part à l’auteur qui devra vous donner son aval, ses droits sont protégés. Si l’auteur est mort, ses œuvres finiront par tomber dans le domaine public 70 ans après sa disparition.

Brian de Palma doit être un bibliophile convaincu pour avoir réalisé et conçu le scénario de Phantom of the paradise (1974), où se côtoient de multiples références littéraires telles que Le fantôme de l’opéra (de Gaston Leroux), Faust ( de J. W. Von Goethe), Le portrait de Dorian gray ( d’Oscar Wilde) ou encore Frankenstein de Mary Shelley). Sans oublier la petite référence à Proust avec « Du côté de chez Swan », dans une des scènes où le policier demande à Winslow Leach « What are you doing outside Swanage ? »

Le seigneur des anneaux, Le nom de la rose, Le parrain, Autant en emporte le vent, Fight Club, Da Vinci Code, La Route, 1984, Germinal, Dune, Harry Potter, L’Histoire sans fin, Le silence des Agneaux, Charlie et la chocolaterie, La ligne verte, Entretien avec un vampire, Les misérables, Shutter Island, Le Parfum, Orange mécanique, Stupeur et tremblements, 20000 lieux sous les mers etc….Aucun genre n’est épargné, classique, comédie, horreur, science fiction, sentimental, action et bien d’autres...

Alors, bibliophiles invétérés, cinéphiles addicts, ou les deux, dites moi que pensez vous des adaptations de romans au cinéma ? Quelles sont pour vous les plus décevantes et les plus réussies ?

Les histoires sont faites pour être racontées, quel que soit le support qui les transmet…

Allez vous reprendrez bien un peu d’Alexandre Dumas avant de partir :

«
Les idées ne meurent pas, sire, elles sommeillent quelquefois, mais elles se réveillent plus fortes qu’avant de s’endormir. » ( Le comte de Monte Cristo).

Credits: L'Histoire sans fin, de Michael Ende

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